* * * * * * * *
Frères et enfants aimés en le Seigneur,
CHRIST EST RESSUSCITÉ!
C’est avec tristesse que l’Humanité devait entendre un jour du XIXème siècle, de la bouche du philosophe tragique, que : « Dieu est mort ! Nous l’avons tué … nous tous, sommes ses assassins … Dieu restera mort ! Qu’est-ce donc qu’une église, si ce n’est la tombe et le monument funéraire de Dieu? »[1] Et puis, quelques décennies plus tard, de la bouche d’un collègue plus récent, que : « Dieu est défunt ! Je vous annonce, messieurs, le décès de Dieu ! »[2]
Ces déclarations de philosophes athées ont bouleversé les consciences des hommes. Une grande confusion s’ensuivit dans le domaine de l’esprit et de la littérature, des arts et même pendant un certain temps de la Théologie où, surtout en Occident, il fût même question de « Théologie du décès de Dieu ».
L’Eglise, en vérité, n’a jamais eu et n’a aucun doute sur la mort de Dieu. Cela se produisit en l’an 33 ap. JC sur la colline du Golgotha de Jérusalem, sous le règne de Ponce Pilate, gouverneur romain de Judée. Ayant souffert de manière atroce, il fut crucifié tel un criminel et, à la neuvième heure du vendredi, il rendit son esprit en s’écriant « C’est terminé ! ». Cela est une réalité historique indéniable. Le Fils Unique et Verbe de Dieu, Jésus Christ, le Vrai Dieu, est mort « pour tous » les hommes ! [3] Alors qu’il avait endossé toutes nos caractéristiques : corps, âme, volonté, énergie, peine, angoisse, douleur, tristesse, plainte, joie, tout excepté le péché ; il se chargea en dernier lieu de ce qui est le plus important pour nous, à savoir la mort, et surtout sous sa forme la plus douloureuse et humiliante : la Croix. Jusque là, nous sommes d’accord avec les philosophes. Nous accepterons encore que les églises, les temples sont les « tombeaux », les « monuments funéraires » de Dieu! Mais voilà … nous, le Dieu mort, nous savons qui Il est, nous vivons avec Lui et nous le vénérons comme « le mort détenteur du principe de la vie » ! Quelques heures après le terrible vendredi, à l’aube du premier jour de la semaine, du dimanche, eut lieu l’événement, finalité du projet divin à travers l’Incarnation, la Souffrance, la Crucifixion et la Descente aux enfers : la Résurrection !... Et cela, la Résurrection, c’est également une réalité historique indéniable ! … Et cette réalité a des répercussions directes et salvatrices sur nous tous. Le Fils de Dieu est ressuscité, Lui qui est aussi Fils de l’Homme ! Dieu est ressuscité avec tout ce qu’il a endossé de l’Humanité : le Corps, qu’il a reçu du sang immaculé de la Toute Sainte Théotokos, et Son âme Sainte. Il est ressuscité d’entre les morts, « ressuscitant toute la race d’Adam par amour des hommes » ! Le tombeau de Jésus, le « nouveau monument » de Joseph, est désormais à jamais vide ! Au lieu du monument mortuaire, c’est un monument de victoire contre la mort, c’est une source de vie ! L’Intelligible Soleil de Justice s’est levé « du tombeau, resplendissant », offrant lumière perpétuelle, paix, joie, repos, vie éternelle ! Oui, les églises sont les « tombeaux » de Dieu ! Mais des Tombeaux vides, illuminés, remplis « d’odeurs de vie »[4]et de parfum printanier pascal, débordants de beauté, charmants, ployant sous les myrtes de gloire et les fleurs à l’espoir tangible, tombeaux à contenant de vie et source de vie ! La mort de Dieu a modifié les forces de l’enfer, la mort a été réduite à un simple épisode qui introduit l’homme de la vie à l’Existence. Les églises, les « tombeaux » de Dieu, sont les portes largement ouvertes de l’amour de Dieu, les entrées béantes des Épousailles de Son Fils, qui tel « un Époux est sorti du Tombeau » et les fidèles qui y entrent, « de la Mort célébrent la mise à mort, de l’Enfer la destruction, le début de l’éternelle vie, et chantent dans l’allégresse son auteur, car il est le Dieu de nos Pères, à lui seul bénédiction et haute gloire »[5]
Heureusement donc que Dieu est mort ; et Sa mort est devenue notre vie et notre résurrection ! Heureusement qu’il existe tant de Ses monuments de part le monde, tant de saintes églises, dans lesquelles peut entrer librement celui qui souffre, celui qui est fatigué et l’homme inconsolé, afin qu’il dépose le fardeau de sa peine, de son angoisse, de sa peur et de son insécurité, qu’il « se débarrasse » de sa mort ! Heureusement qu’il existe des églises du Christ Crucifié, Mort, Ressuscité et éternellement Vivant, où l’homme aujourd’hui désespéré , celui qui est trahi par toutes les idoles, par tous « les protecteurs » qui lui ont kidnappé son cœur, c’est-à-dire la Finance, l’Idéologie, la Philosophie, la Métaphysique et toutes les autres « duperies creuses »[6] du présent siècle « trompeur »[7], y trouve refuge, consolation et salut.
Du Patriarcat Œcuménique, la Mère Eglise qui vit dans sa totalité la Passion, la Douleur, la Croix et la Mort mais aussi la Résurrection du Dieu fait Homme, nous adressons du fond du cœur à tous les enfants de l’Eglise, salutation pascale et bénédiction, vous embrassant dans l’amour de Jésus Christ ressuscité d’entre les morts, éternellement vivant et vivifiant pour l’homme. A Lui la gloire, la puissance, l’honneur et l’adoration avec le Père et le Saint Esprit, dans les siècles. Amen !