Le Métropolite Panteleimon de Belgique



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DIMANCHE DE L'ORTHODOXIE A BRUXELLES

Selon la tradition établie depuis de nombreuses années, le Dimanche de l’Orthodoxie a été marqué à Bruxelles, le 12 mars dernier, par le rassemblement de nombreux fidèles orthodoxes dans la Cathédrale Orthodoxe des Saints Archanges pour la Liturgie Eucharistique.  Présidée par le Métropolite PANTELEIMON de Belgique (Patriarcat Oecuménique), entouré de l'Archevêque SIMON de Bruxelles et de Belgique (Patriarcat de Moscou), des Evêques ATHANASIOS d’Achaïa (représentant de l'Eglise de Grèce auprès de l'Union Européenne) et ATHENAGORAS de Sinope (auxiliaire de l’Archevêché de Belgique du Patriarcat Oecuménique), de 14 prêtres et de 3 diacres, la liturgie fut chantée en grec, slavon, serbe, roumain,  français, et néerlandais.  Dans l’assemblée on remarqua des ambassadeurs des pays orthodoxes, l’Ambassadeur des Etats Unis en Belgique, qui est un grec et donc orthodoxe, ainsi que le Commissaire Européen, Stavros Dimas.

Au cours de l'homélie, l’Archiprêtre Panagiotis MOSCHONAS (Patriarcat Oecuménique) a abordé le thème du "triomphe de la vraie foi" et la “vénération des Saintes Icônes au sein de l'Eglise orthodoxe".  “Ce n’est pas une question du hasard que dans les églises orthodoxes la lecture de l’Evangile d’aujourd’hui est celle de l’Evangile selon Saint Jean, qui nous parle d’une rencontre extraordinaire entre Jésus le Christ et l’un de ses disciples, Nathanaël. Cette rencontre qui avait des résultats salutaires pour le disciple du Christ, était le fruit d’un appel que Nathanaël avait reçu par son ami Philippe lorsque celui-ci est venu pour lui annoncer la grande nouvelle : que Celui que tous les âges attendaient et que les Prophètes avaient annoncé, était venu et il se trouvait là, parmi eux. Et lorsque Nathanaël a exprimé des réticences dictées par ses connaissances et ses raisonnements, Philippe lui adresse la parole : «Viens et vois !». Et Nathanaël vient, voit et croit. Sa rencontre avec le Christ, le fait qu’il avait vu de ses propres yeux le Messie l’a convaincu et lui a changé  la vie. Les Saintes et Vénérables icônes constituent une sorte de rencontre du fidèle avec le Christ lui-même et avec ses Saints. C’est une rencontre mystique du fidèle avec le Christ”, a-t-il dit.

A l'issue de la célébration eut lieu une procession avec les icônes et la lecture du Synodikon sur l’Orthodoxie.  Le Métropolite PANTELEIMON a remercié et félicité les participants et a souhaité que "la bonne collaboration entre tous les orthodoxes en Belgique puisse continuer pour le reste de nos jours".

Après eut lieu une réception fraternelle dans la salle paroissiale à côté de la Cathédrale. 

L'Eglise orthodoxe en Belgique rassemble, autour de quatre évêques, une cinqantaine de prêtres et une dizaine de diacres, plus de 80.000 fidèles. Quarante-cinq paroisses (grecques, russes, roumaines, serbe, bulgare, ukrainiennes, mais aussi francophones et néerlandophones) sont réparties à travers le pays.  L'Eglise orthodoxe a été reconnue par l'Etat belge en 1985, au même titre que d'autres cultes officiels (catholique, protestant, anglican, israélite et musulman).

 



HOMELIE

Dimanche d’Orthodoxie 2006
      

Archiprêtre Panagiotis Moschonas   

 

Eminence,
Très chers Pères et Frères,

Le premier dimanche du Grand Carême est le dimanche du Triomphe de l’Orthodoxie. C’était ce jour, en l’an 843, que l’impératrice Théodora avait restauré les saintes icônes à l’Eglise de Constantinople après l’absence de celles-ci depuis plus d’un siècle de leur écartement. A partir de cette année-là, ce dimanche, le premier du Carême, s’est fixé comme la fête de l’Orthodoxie.

Ceux qui n’acceptaient pas la vénération des icônes prétendaient que le respect et la vénération que les fidèles manifestent envers les icônes, sont équivalents à l’idolâtrie. Ils disaient encore que la fabrication des icônes était une forme de désobéissance au commandement de Dieu qui interdisait la fabrication des images sculptées.

Les chrétiens orthodoxes, en suivant plusieurs Saints Pères comme Saint Jean Damascène et Saint Théodore le Studite, soutenaient que les icônes constituaient un témoignage tangible du dogme principal de la Foi chrétienne qui est celui de l’Incarnation. Un témoignage du fait que le Fils de Dieu, Lumière de Lumière, Dieu Véritable de Dieu Véritable « est descendu des cieux et a pris chair du Saint-Esprit et de la Vierge Marie, et s’est fait homme… » (Symbole de Foi). Si donc, en vérité, le Verbe de Dieu « pour nous, hommes, et pour notre salut » « s’est fait chair » comme Saint Jean l’Evangéliste dit, alors le Seigneur Jésus-Christ peut et doit être représenté. D’ailleurs, nous ne devons pas oublier que, selon Saint Paul, « le Christ est l’image de Dieu le Père ».

Notre Sainte Église, fidèle aux décisions des Saints Conciles Œcuméniques, en particulier à celles du 7ème Concile Œcuménique qui avaient précisé la manière dont nous respectons et nous vénérons les Saintes Icônes, continue de vénérer et de rendre honneur aux Icônes ayant la conviction que l’honneur, d’après Saint Basile de Césarée, « se rend au Prototype ».

Ce n’est pas une question du hasard que dans les églises orthodoxes la lecture de l’Evangile d’aujourd’hui est celle de l’Evangile selon Saint Jean, qui nous parle d’une rencontre extraordinaire entre Jésus le Christ et l’un de ses disciples, Nathanaël. Cette rencontre qui avait des résultats salutaires pour le disciple du Christ, était le fruit d’un appel que Nathanaël avait reçu par son ami Philippe lorsque celui-ci est venu pour lui annoncer la grande nouvelle : que Celui que tous les âges attendaient et que les Prophètes avaient annoncé, était venu et il se trouvait là, parmi eux. Et lorsque Nathanaël a exprimé des réticences dictées par ses connaissances et ses raisonnements, Philippe lui adresse la parole : « Viens et vois ! ». Et Nathanaël vient, voit et croit. Sa rencontre avec le Christ, le fait qu’il avait vu de ses propres yeux le Messie l’a convaincu et lui a changé  la vie. Les Saintes et Vénérables icônes constituent une sorte de rencontre du fidèle avec le Christ lui-même et avec ses Saints. C’est une rencontre mystique du fidèle avec le Christ.

Certes, le fidèle sait très bien que l’icône est un objet et elle le demeure, et il ne voit jamais l’icône comme une idole ou un fétiche. Mais aussi, l’icône pour le Chrétien Orthodoxe est et elle le demeure une façon de prière à la personne sacrée représentée et de communication avec elle.

Pour la foi orthodoxe le christianisme n’est pas une religion éthérée où tout matériel constitue le mal et tout spirituel le bien. Cette théorie est une vision hérétique condamnée par l’Eglise sous la forme du Manichaïsme. La foi à l’Incarnation du Verbe de Dieu, croyance fondamentale pour tous les chrétiens, révèle la possibilité de sanctification de la matière par la présence divine. D’ailleurs, dans l’Eglise nous utilisons abondamment  des éléments matériels car la matière est réceptive à la sanctification et même elle devient un moyen de rapprochement entre le fidèle et Dieu.

Le respect et la vénération que les fidèles manifestent pour les saintes icônes et les saintes reliques ne constituent aucunement une adoration car l’adoration, au sens strict du mot, est due uniquement au Dieu Trinitaire : au Père, au Fils et au Saint Esprit. Pour toutes les autres personnes saintes ou pour tous les objets sacrés, les fidèles manifestent de la vénération mais jamais d’adoration. L’adoration est une marque de dévouement de l’âme à Dieu, et à Lui seul. Mais, en revanche, le refus de rendre honneur et de vénérer les personnes saintes et les objets saints que la Grâce Divine et Incréée a sanctifié, non seulement trahit une perception de la sainteté absolument étrangère à l’esprit orthodoxe mais constitue un mépris de la Grâce Divine elle-même, puisque c’est cette Grâce qui sanctifie tout. Et le mépris de la Grâce Divine c’est équivalent au mépris de Dieu Lui-même. En plus, cette attitude hostile à la vénération des personnes et des objets sanctifiés, est une marque du refus d’accepter la possibilité de la sanctification de la création par la présence de Dieu.

Le Dimanche d’Orthodoxie appelle l’homme à se rendre compte de sa création selon l’image et à la ressemblance de Dieu, et à comprendre qu’il doit son salut à l’Incarnation du Fils de Dieu. Il nous rappelle que l’homme a été créé pour l’éternité, pour sa transfiguration, pour sa résurrection et pour sa gloire. Il nous rappelle que nous sommes nous-mêmes appelés à devenir des images vivantes de l’Unique Image de Dieu Invisible qui est Notre Seigneur Jésus Christ. Cette restauration de l’image de Dieu en l’homme c’est à la fois l’objectif et la cause de notre existence, afin que nous puissions, en tant que des images vivantes de la gloire de Dieu, participer à Sa Gloire divine et à Sa Vie Immortelle.

Amen.

   

 

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