|
START


Sa Toute-Sainteté
le Patriarche Oecuménique Bartholomée
ADRESSE :
Rum Patrikhanesi - Haliç Fener
34220 ISTANBUL
Turquie
Voir :
www.ec-patr.gr
www.patriarchate.org
|
LE
PATRIARCAT OECUMENIQUE
-
LA
PERENNITE
DE
SON MINISTERE ECCLESIAL
Le siège oecuménique,
autrement dit le Patriarcat Oecuménique de Constantinople, est l’Eglise-Mère
et le principal centre d’unité de toutes les Eglises orthodoxes
locales autocéphales ou autonomes dans la vraie foi et l’ordre
canonique. Sa fonction en tant que centre d’unité dans la vie de
l’Eglise Orthodoxe découle non seulement du fait qu’il jouit de la
prérogative canonique exceptionnelle de participer à égalité avec
l’Eglise de l’Ancienne Rome à l’honneur de la "Prima Sedes" dans
l’ordre de préséance des sièges patriarcaux (cf. Canons des conciles
oecuméniques : 3 du IIème et 28 du IVème), mais
aussi de son ministère séculaire de témoignage, de sauvegarde et de
propagation de la foi orthodoxe.
L’incessant et
ininterrompu ministère du siège de Constantinople paracheva la
conscience conciliaire de l’Eglise pour révéler le véritable rapport
entre l’expérience vécue et l’articulation dogmatique de la foi et
cela tant avant qu’après le grand schisme de 1054. Il favorisa la mise
à profit systématique de la richesse de la tradition patristique en
matière de culte divin, d’expérience ascétique et de variété
d’expressions de la spiritualité orthodoxe; il maintint vivante la
responsabilité missionnaire pour le rayonnement universel de
l’Evangile du Salut; il institua la tradition patristique et canonique
comme critère permettant de neutraliser tout débordement local ou
circonstanciel des " limites posées par les Pères" dans le processus
historique d’adaptation du contenu de la foi aux conditions
changeantes et aux défis renouvelés de chaque époque et de chaque
Eglise locale; il préserva la plénitude traditionnelle qui caractérise
la vie ecclésiastique orthodoxe.
De nouvelles
Eglises locales sont nées en Orient, issues du sens élevé de
responsabilité historique de l’Eglise-Mère devant la grandeur de son
ministère spirituel. Elles furent nourries et développées grâce à la
sollicitude et aux soins du Patriarcat Oecuménique offrant à leurs
peuples régénérés le riche patrimoine spirituel de l'Eglise-Mère. Tous
les peuples migrants, de l’Europe centrale jusqu’à la mer Caspienne et
de la péninsule Balkanique jusqu’à la mer Baltique, ont connu la foi
chrétienne grâce à l’activité missionnaire du Patriarcat Oecuménique;
et leur expérience de foi fut spirituellement nourrie par l’Eglise-Mère
sans préjudice pour les traits caractéristiques de leurs traditions
nationales.
L’exercice de sa
responsabilité missionnaire – qui paracheva l’identité spirituelle de
l’Europe chrétienne – a donc fait que le siège constantinopolitain,
déjà considéré comme oecuménique selon les critères consacrés de la
tradition canonique, le fut aussi dans sa fonction oecuménique et dans
celle d’Eglise-Mère des Eglises Orthodoxes locales. Cette large
perspective fut révélatrice du caractère supranational et supralocal
de ses droits canoniques, et de sa juridiction administrative
régulière qui détermina son rôle exceptionnel dans l’histoire de
l’Eglise Orthodoxe en particulier, et du monde en général.
L’association du Siège
Oecuménique à la plus haute civilisation et au plus puissant empire du
monde chrétien durant onze siècles environ ne peut ni ne doit être la
seule explication de son rayonnement oecuménique. En effet, sa
contribution à la formation des structures et des perspectives
universelles de l’empire fut décisive et indéniable. La théologie
politique des Pères de l’Eglise du IVème siècle est à la
base de l’ensemble de l’idéologie politique et du rayonnement culturel
de l’Empire Byzantin. Le caractère supranational et la perspective
universelle de l’Empire s’harmonisaient d’ailleurs parfaitement avec
le ministère ecclésial du Siège Oecuménique en dépit du fait que
chaque entité avait sa finalité et son autonomie propre. Dans ce
contexte, on comprend mieux pourquoi la chute de Byzance, loin de le
limiter, renforça le caractère oecuménique de la responsabilité et du
ministère ecclésial du siège constantinopolitain qui demeure le garant
par excellence de l’unité des églises orthodoxes locales et l’agent
canonique exprimant l’esprit de l’Orthodoxie vis-à-vis du monde
chrétien.
_________________________
E.
TZAFERIS, Le Patriarcat Oecuménique, édition du Centre Orthodoxe du
Patriarcat Oecuménique à Genève, Suisse, Athènes,s.d. |